Le reggae peut-être caractérisé par :
généralement, l’utilisation de la guitare basse, de la guitare éléctrique, de la batterie, et du scraper ou son équivalent le jawbone qui vient en fin de mesure, et qui accompagnent des chants lourds d’émotion et qui souvent, expriment le rejet pour une "culture dominante".
son rythme four beat, binaire, assez lourd, avec l’accent par la basse et batterie les temps faibles, en particulier troisième temps (connu sous le nom de one drop),
ce que l’on qualifie souvent de contretemps, mais qui ne l’est pas - car ses accords Modèle:Mot manquant sur le second et quatrième temps - marqué la guitare rythmique ou le clavier (connu sous le nom skank).
Autre vision : Le batteur : le rythme de batterie est temporellement uniforme, c’est-à-dire qu’à peu de choses près, tout le monde joue la même chose en même temps... De sorte qu’il est assez facile de dater un morceau à l’oreille, en commençant pas analyser la structure de la batterie.
Du early reggae apparaissant vers la fin 1968 à 1976, c’est la dominance du One Drop, soit un seul coup de grosse caisse + rebord de caisse claire sur le 3ème temps.
De 1977 à 1980, c’est l’absolutisme du Rockers, qui auarait été développé par le batteur du studio Channel One, Sly Dunbar. Chaque temps de la mesure est marqué par un coup de grosse caisse (comme le disco), généralement accentué sur le 3ème temps par un coup sur le rebord de la caisse claire.
A partir de 81-82, un nouveau style de batterie qui a perduré jusqu’à aujourd’hui règne en maître : le dancehall. Il s’agit d’un balancier binaire grosse caisse (1er temps) caisse claire (3e temps). Le nouveau backing band de Channel One, les Roots Radics, sont considérés comme les maîtres absolus du Dancehall instrumental. C’est à cette même période qu’explose le dub, sur les instrumentaux dancehall, et une nouvelle vague de mixeur à l’image de Scientist.
L’orgue : Les early reggae présentent souvent une structure d’orgue enpruntée au vieux RNB, celui-ci marquant chaque croche d’une note. Cette technique nommée "shuffle" se place là où se trouvait le beat guitare (ou skank) du ska et accentue fortement la dynamique rythmique, donnant l’impression d’accélérer le tempo. Le riddim mythique du Beat Down Babylon de Lee Perry est un exemple typique. Cette technique s’est raréifiée par la suite, l’orgue accompagnant alors souvent le skank (sur le 2e et 4e temps) et ouvrant parfois le riddim par une introduction mélodique. L’ouveture de riddim la plus mythique est probablement celle du "Take A Ride" aka "Truth and Right" d’Al Campbell chez Studio One.
La guitare : elle est toujours électrique (très rares exceptions) et l’effet utilisé est absoulment crucial. Les très rares cas où une distorsion rock est utilisée (ex : the Heathen de Marley) se sont soldés par des échecs au niveau du résultat. Le son doit être rond et doux, tout en gardant son groove. Le skank est parfois doublé par un mouvement d’aller-retour rapide ("le pickin") ou par l’utilisation d’une boîte analogique à écho ou delay (de préférence un Roland Space Echo RE201...). Souvent, une deuième guitare est posée en parallèle à la guitare rythmique et pose des accords mélodiques, parfois un solo discret, sur le riddim.
La basse : à l’origine les contrebasses marquaient le temps sur les rythmes ska. Les basses reggae sont électriques et ont plus de liberté mélodique. Elles utilisent les fréquences les plus basses et apportent un effet alourdissant volontairement le riddim. La guitare basse forme le noyau central du riddim avec la batterie, musique fondamentalement rythmique, des mots même de Lee Perry. Les lignes de basses les plus marquantes (par ex : milk & honey, rasta business, the Heathen, Children of the Ghetto...) sont simples mais jouées avec une précision absolue afin de maintenir une rythmique marquée au travers des accords. Les accords sont bien distincts, avec une assez grande amplitude dans les notes choisies, les fréquences très basses étant plus difficilement distingables par l’oreille humaine.
Les cuivres : dominant durant le ska, presque absents du rocksteady, ils reprennent place avec le reggae. Ils marquent parfois le skank (ex : They don’t Know Jah des Wailing Souls) mais remplacent plutôt l’espace occupé par l’orgue au début des années soixante-dix : intro et refrain. Le rythme le plus célèbre est sans doute celui du Satta des Abyssinians.